Phonorama, le site dédié au phonographe et à ses inventeurs.

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Phonographes à feuille d'étain



 

Ce phonographe Edison à feuille d'étain est le premier tinfoil vendu en France. Il a été construit par Edme Hardy, sur la base des spécifications fournies par Edison en mars 1878, par l'intermédiaire de Théodore Puskas, chargé de la promotion du phonographe en Europe.

 
 

Vue de l'enregistreur-reproducteur Hardy, avec son cornet en bois d'amarante et sa pointe en fer s'appuyant sur le diaphragme constitué par une plaque vibrante en acier.
Le phonographe fût commercialisé lors de l'Exposition Universelle de Paris de 1878 au prix de 200 Francs, soit 40 dollars.

      
 
 

Outre le numéro de série du phonographe, la plaque fixée sur sa base rappelle le nom de l'inventeur et celui du constructeur parisien E. Hardy.

 
 

Reproducteur pour phonographe à feuille d'étain construit par Rudolph Kœnig vers 1880.

      
 
 

Le reproducteur de Rudolph Kœnig porte sa marque ainsi qu'un numéro de série. Sa forme diffère très peu des reproducteurs construits ultérieurement par les grandes marques de phonographes à cylindres ou à disques.

      
 
 

La marque G. Lorenz est inscrite sur le bâti de ce très grand tinfoil (1883). Ce constructeur d'appareils scientifiques était établi à Chemnitz (autrefois Karl-Marx-Stadt dans l'ancienne République démocratique allemande).


 
 

En 1879, Urbain Marie Fondain a été l'un des premiers constructeurs français de ce type de phonographe d'une grande sobriété.

      
 
 

Relevée, la tête du Fondain laisse apparaître son diaphragme et son style en acier, ainsi que le bâti évidé, propre à ce premier modèle.

     
 

Autre modèle de tinfoil, plus tardif, représentatif de la production d'Urbain Marie Fondain. Il est construit en fonte, seuls le mandrin, le reproducteur et le cornet sont en laiton nickelé. La base noire, ornée de filets dorés mesure 24,3 cm.
En 1879, ce phonographe était vendu 100 Francs. Le constructeur a commercialisé d'autres modèles à manivelle (pour écolier, jouet), ou entrainés par un mouvement à ressort ou à poids.

      

Ce petit phonographe a feuille d’étain bon marché (25 Francs en 1879), à destination de la jeunesse, est vraisemblablement celui que Fondain nommait phonographe d’écolier. Il s’agit d’une réduction au 7/10 ème du précédent, la densité des sillons du mandrin (20 par pouce) est toutefois identique sur les deux modèles (20 par pouce).
Il se caractérise par sa construction partielle en aluminium (supports de l’axe, reproducteur et cornet). Des traces de vernis rouge sombre sur ces deux derniers éléments et sur les flasques du mandrin laissent supposer que la couleur a été ajoutée afin de le rendre plus attractif pour les enfants.



Au premier abord, l'apparence de ce phonographe à feuille d'étain laisse supposer une parenté avec les constructions d'Urbain Marie Fondain. Toutefois, la comparaison des éléments caractéristiques des deux fabrications révèle des différences trop importantes pour retenir cette hypothèse.
Son originalité tient principalement à son volant régulateur, à sa riche décoration, à ses montants en forme de cœur supportant le mandrin et à son contrepoids en plomb fixé sur le sommet du cornet.

      

Le contrepoids, inhabituel sur un tinfoil, permet d'obtenir une meilleure empreinte sur la feuille d'étain en accentuant la pression de la pointe. Cette pièce est aussi présente sur d'autres appareils d'acoustique expérimentale, tel l'Automatic phonograph d'Auguste Stroh, utilisant les techniques du phonographe pour imiter les voyelles de la parole humaine.

      

Après la faillite d'Urbain Marie Fondain en 1881, c'est Eugène Ducretet, le constructeur d'appareils scientifiques de renom, qui a repris la fabrication des phonographes de son confrère. Ce tinfoil Ducretet s'apparente naturellement à ceux de Fondain. Il doit sa couleur bronze caractéristique à la peinture à base d'oxyde de plomb utilisée durant cette période pour la protection des appareils scientifiques contre la corrosion des métaux.
Eugène Ducretet a construit plusieurs séries de phonographes à feuille d'étain, notamment pour les cabinets de physique ou les Ecoles supérieures.



 

La marque E. Ducretet et Cie à Paris figure en creux sur la partie supérieure du cornet.

 

 

Phonographe à feuille d'étain, vraisemblablement d'origine française. D'autres phonographes semblables sont décorés de filets caractéristiques rouges, ou plus rarement jaunes, comme sur cet exemplaire.

      
 


  A voir aussi :

  la page consacrée aux débuts du phonographe en France  
  la première démonstration du phonographe en Espagne, le 12 septembre 1878
 
  une gravure en couleur représentant l'un des premiers phonographes anglais à feuille d'étain (1882).  
  une séance d'enregistrement d'un morceau de trompette sur un tinfoil entraîné par un moteur électrique en 1881  
  la page traitant des phonographes de Monsieur Fondain  
  deux publicités : la première pour les phonographes Vital,  la seconde pour le Pygmée, phonographe espagnol de type tinfoil  
  Charles Edison et John Kruesi Jr. examinant un tinfoil  
  Peut-on imaginer un quelconque rapport entre Vincent Van Gogh et le tinfoil de Thomas Edison ?  
 


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