Phonorama, le site dédié aux phonographes à cylindres

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Les cylindres géants [Page 2/4]

  Le cylindre Céleste de Pathé (suite)

Si l'on retient une longueur utile d'enregistrement de 22 cm, et une vitesse de rotation de 160 RPM, il résulte de ces paramètres une durée d'audition de l'ordre de 2 mn 30 pour les cylindres obtenus par report pantographique (en cire claire) et de 5 mn pour les cylindres moulés (en cire noire).
On notera que sur le Céleste, le débrayage SR/CE agit uniquement sur la vitesse de déplacement horizontal du saphir, pour tenir compte des deux densités d'enregistrement différentes. L'ajustement de la vitesse de rotation du mandrin s'effectue grâce à une commande spécifique.
Pour jouer sur une durée pouvant atteindre 5 mn, la puissance nécessaire à la lecture du cylindre est assurée par un imposant moteur à trois ressorts d'origine américaine, celui du Graphophone Commercial (modèle C).

Les boites des premiers cylindres sont de couleur bleue à filets dorés sur le couvercle et généralement dépourvus d'étiquette. Les boites des Céleste moulés ne différent des autres boites Pathé que par leur taille, elles sont en carton grainé de couleur beige portant l'étiquette de la marque sur le couvercle.
A l'image des cylindres en cire noire, les Céleste du Phono-Cinéma-Théâtre se rangent dans des boites Pathé beige portant l'étiquette de l'attraction sur l'avant.
Pour le transport de ces fragiles enregistrements, Pathé à prévu des boites spéciales en fer blanc destinées à recevoir le cylindre Céleste dans sa boite en carton.

Des cylindres Céleste ont pu être utilisés sur des phonographes qui ne sortaient pas des ateliers de la Manufacture Française d'Appareils de Précision. C'est ainsi que Auguste Stroh, l'inventeur du violon à pavillon qui porte son nom, a construit un phonographe original, doté d'un mandrin au format Céleste. L'origine des cylindres prévus pour cet  appareil n'est pas connue. On peut supposer qu'ils lui étaient fournis par Pathé.

Notons enfin que Pathé a fabriqué aux Etats Unis de grands cylindres de cire utilisés comme masters. De même diamètre les Céleste (13 cm),  leur longueur est plus importante : 33 cm au lieu de 21 à 22. Une durée d'audition de 4 mn est atteinte grâce à une densité d'enregistrement de 50 TPI seulement et une vitesse de rotation de 160 RPM.

A voir aussi :

 


 
Cylindre Céleste
moulé en cire noire

Un second modèle
du Céleste succède au précédent
en janvier 1903


Une séance d'enregistrement
sur un cylindre Céleste en 1911

  Le cylindre Paradis de Pathé

L'utilisation des cylindres de grand diamètre comme support des enregistrements originaux répond à la recherche d'une vitesse linéaire élevée à la périphérie. Ce facteur déterminant contribue en effet à une bonne restitution des fréquences hautes et à un volume sonore que l'on ne peut espérer avec les cylindres de format Standard.
Dans ce domaine, une étape notable intervient chez Pathé, lorsqu'en 1913, démarre la fabrication d’un autre cylindre géant, caractérisé par un diamètre supérieur à celui du Céleste.  Dans sa course aux superlatifs, Pathé le nomme Paradis, appellation qui sous-entend sa suprématie sur le Céleste. Ce nouveau format sera utilisé exclusivement pour l'enregistrement des originaux destinés à être transférés sur disques pour constituer les matrices.Ce nouveau format sera utilisé exclusivement pour l'enregistrement des originaux destinés à être transférés sur disques pour constituer les matrices. La gravure sur  Paradis se poursuivra jusqu'en 1929, date de l'abandon de la gravure verticale des disques au profit des disques à aiguille.
 
Les caractéristiques du cylindre Paradis suivantes sont communément admises :

  • diamètre extérieur 20 cm
  • longueur 22 cm (comme les cylindres Céleste)
  • vitesse de rotation de 160 RPM

Concernant la densité des sillons, nous relevons dans un article de La Nouvelle revue du son (Avril 1977, n° 286), un pas de 0,4 mm mentionné par l'ingénieur Walter Ruhlmann, chargé de l’enregistrement chez Pathé jusqu'en 1965. Si l'on retient cette valeur, correspondant à 64 TPI environ, la durée du titre gravé s'établit au maximum à 3 mn 30 s pour une plage enregistrée de 21,5 cm.
 
La fabrication des cylindres Paradis vierges, faisait l'objet d'une attention particulière dans les ateliers de Chatou. Il était en effet nécessaire d'obtenir une cire homogène et sans défaut. Les rebuts fréquents, dus à des fissures ou imperfections constatées lors de son refroidissement, conduisaient à la mise au rebut d'un bon nombre de cylindres.
Après démoulage, les employées procédaient au traitement des cylindres : le calibrage pour enlever l'excédent de cire, le dégrossissage pour l'égalisation de la surface et le polissage amenant au degré de finesse voulu. Enfin, un contrôle visuel permettait de n'admettre à la gravure que seuls les cylindres ne présentant aucun défaut.
  
Dans le processus de duplicatage, utilisé pour transférer sur disque l'enregistrement gravé sur le cylindre Paradis,
le poisson constituait l'élément central. Cet outil comportait deux  saphirs opposés, le premier,  sphérique, lisait le cylindre, tandis que le second, tranchant, découpait le sillon sur le disque. Chaque Paradis pouvait être utilisé pour effectuer 25 à 30 passages.
  
Il n'existe, à notre connaissance, aucun cylindre Paradis dans les collections publiques ou privées. Selon le témoignage d'un ancien employé de Pathé, les cylindres Paradis auraient été conservés jusqu'à la dernière guerre. Durant cette période troublée, les Paradis auraient quitté Chatou par la Seine, après avoir été chargés sur une péniche. Les retrouvera t-on un jour ?
 

 





Les cylindres Paradis
fabriqués dans le laboratoire de fabrication de la cire à Chatou


Le rabotage des cylindres Paradis
dans les ateliers de Pathé



Le traitement des cylindres Paradis : le calibrage, le dégrossissage et le polissage


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