Phonorama, le site dédié aux phonographes à cylindres

Phonorama, le site dédié aux phonographes à cylindres
Marques d'origines diverses


L'Echophone crée en 1896  par l'américain Edward H. Amet est un curieux phonographe, ingénieux et peu couteux, disposant à l’origine d’un bon potentiel de ventes.
L'inventeur fut contraint d’arrêter sa fabrication, lorsqu'il fut poursuivi par l’American Graphophone Co en raison d’une violation de brevets. Peu d’Echophones furent vendus durant une courte période et le stock fût adjugé à des maisons de vente par correspondance ou de presse pour être bradés ou offerts en prime à leurs lecteurs.

 

L'une des caractéristiques principales de l'Echophone réside dans son dispositif de lecture des cylindres :  le saphir se situe à l'extrémité d'un tube en verre pivotant, faisant office de bras acoustique. Cette pièce en verre d'un seul bloc et les tubes acoustiques se fixent sur un curieux résonateur formé de deux lames en bois assemblées par deux bracelets en caoutchouc.

 
 


Cette lyre primitive portant une plaque Licensed and authorized by Edisonia Ltd London est caractérisée par son pavillon en deux parties tronconiques traversé par un support vertical, son mandrin en bois et son reproducteur en gutta-percha noir, identique à celui des premiers Graphophones (# 1 dans la classification d'Howard Hazelcorn).
Ce phonographe est dérivé du Lyrophone construit par l'U.S. Phonette Company en 1897 d'après un brevet Bettini (brevet US n° 618.390 du 2 mai 1899), vendu sous licence par l'American Graphophone Company.
 

 


En 1893, avec ce phonographe à entrainement manuel, Ernest Othon Kumberg, un ingénieur français établi à Londres, tentait de concurrencer l'Edison Class M dont le prix restait élevé. C'est chez lui que Charles Pathé se procurait ce phonographe Edison qu'il revendait aux forains.
 

 

Plaque du phonographe de Kumberg, fondateur de la Continental Phonograph.

 

Selon son créateur, Walter C. Runge, citoyen américain établi à Londres, le Talkophone est un ''graphophone-jouet'' d'un prix de revient très bon marché et d'un fonctionnement pratique. En 1903, cet inventeur a fondé avec des associés la Talkophone Syndicate Ltd, en vue d’exploiter ses brevets, notamment celui de la Talkophone Box, nom donné au jouet en Grande Bretagne.
Outre ses petites dimensions - la plus grande n'excède pas 15 cm - l'originalité du Talkophone tient à sa mise en marche automatique par la fermeture de son couvercle.  Walter C. Runge en donne la  description et le fonctionnement dans son brevet n° 329.594 du 21 février 1903, intitulé Perfectionnements dans les graphophones, phonographes, et leur équivalent.


Retiré de sa boite, le mécanisme du Talkophone montre le petit mouvement d'horlogerie doté d'un régulateur à boules, ainsi qu'un support que l'on peut facilement extraire afin de remplacer le cylindre. Deux disques, dont l'un est amovible et muni d'un ressort de serrage, permettent de maintenir le cylindre sur le support.
Le Talkophone était vendu avec trois cylindres en cire de 55 mm de diamètre et 34 mm de hauteur, sur lesquels étaient enregistrés un morceau de chant, un air de musique et un monologue.
Pour découvrir le fonctionnement de l'ensemble, décrit dans le brevet de Walter C. Runge, cliquez sur le point rouge ci-contre.



Ce minuscule jouet (la longueur de la base ne dépasse pas 10 cm) a été construit par la Juno Phonograph Manufacturing Co à Londres, sur la base du brevet n° 7594 déposé le 23 juin 1900 par William Phillips Thompson. Nommé Le Juno Phonograph, il était également vendu sous le nom de The Midget (Le Nain), de sorte qu'il pouvait jouer les cylindres identiques des deux marques.
Outre sa petite taille, l'originalité du jouet tient à l'entrainement manuel du cylindre et au saphir directement fixé sur le pavillon en rhodoïd.
Le Juno était offert en prime aux commerçants qui parvenaient à vendre 9 bijoux de la société British Premium Syndicate.
 


L’inventeur de ce curieux phonographe à entrainement manuel, le britannique Frederick Walter  Baynes, a visiblement voulu se démarquer des créations de ses prédécesseurs. L’appareil surprend d’abord par son mandrin en laiton verni positionné verticalement. Un bras acoustique articulé en gutta-percha, constitué d'un tube et d'un reproducteur solidaires, est muni d'un contrepoids ajustable pour le maintenir en position horizontale. Par ailleurs, une vis agissant sur un ressort permet de régler la pression du reproducteur sur le mandrin.
Seules de maigres informations nous sont parvenues sur ce phonographe anglais dont il ne subsiste que deux exemplaires connus.


Autre originalité : un dispositif construit sur le principe de l'embrayage centrifuge permettant de maintenir une vitesse de rotation quasi constante. Il est basé sur l'utilisation de deux masselottes en forme de croissant, réunies par un ressort autour de l'axe vertical.
Sous l'action de la force centrifuge, les masselottes s'écartent et libèrent le couplage entre la poulie de transmission et l'axe vertical. Il en résulte que lorsque le mandrin tourne trop vite, le mouvement de la courroie n'agit plus sur la rotation de l' axe.


 
A voir aussi
  • Ernest Othon Kumberg

    Le phonographe de Kumberg
    vendu à Paris par E. H. Cadiot & Cie
    (Supplément au Figaro du 13 juin 1895)

    Ingénieur civil français, Ernest Othon Kumberg a débuté sa carrière en 1890 dans une boutique du Boulevard du Temple à Paris. Il y vendait du matériel photographique et son Stéréorama rotatif qu’il fit breveter, mais son invention ne rencontra pas le succès commercial escompté. En 1892, il s’établit à Bruxelles pour y commercialiser une machine construite sur la base d’un phonographe «disant 200 vers et chantant 300 airs». On retrouve l’ingénieur en 1893 à Londres où il fonde la Continental Phonograph Company.
    La Continental Phonograph Company construit des phonographes «d’après le système Edison», c’est à dire sans l’autorisation de l’américain. Il s’agit d’une copie du Class M et d’un second phonographe, actionné manuellement, vendus en Europe, le plus souvent à des forains, qui vont les exploitent sur les foires. E. O Kumberg vend aussi des «Montures et et accessoires pour se construire soi—même un phonographe», de la matière pour cylindres et des moteurs électriques. En 1895, la société est représentée en France par E. H.  Cadiot & Cie, spécialisée dans les moteurs et les dynamos.
    Dans ses mémoires intitulées De Pathé Frères à Pathé Cinéma, parues en 1940, Charles Pathé évoque l'ingénieur français, chez qui il acheta en 1894 quatre phonographes pour la somme de 3.000 francs. En 1895, à l’image des frères Werner, la Continental Phonograph Company commercialise des Kinetoscopes Edison. Le nom de E.O. Kumberg connaitra une certaine notoriété en 1900, lorsqu’il présentera son Téléphonographe. Son invention, combinant le téléphone et le phonographe, similaire à l’appareil de Poulsen, s’en différencie pour l’utilisation d’un cylindre en cire au lieu d’un fil magnétique
  • Un Ediphone en 1897 ? Non, il ne s'agit pas d'une erreur !
    Dans l'extrait du catalogue des frères Werner, après les classiques appareils Class M, Home et Graphophone Type N, un nouveau phonographe attire l'attention. Il s'agit de l'Ediphonecombinaison du Phonographe et du Graphophone, proposé au prix de 200 francs, c'est à dire 50 Francs moins cher que les autres productions américaines. Il s'agit d'un phonographe construit en 1896 par la Chicago Ediphone Works qui n'avait aucun rapport avec Edison. L'Ediphone est équipé d'un moteur Amet à deux ressorts, muni d'un régulateur de vitesse à 3 boules. Il utilise un reproducteur Edison de type Automatic.