Phonorama, le site dédié aux phonographes à cylindres

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Techniques d'enregistrement [Page 1/2]


Le premier phonographe Edison permettait bien sur l'enregistrement de la voix. Cette gravure nous montre le tinfoil de la London Stereoscopic Co, actionné par des poids. En raison de la régularité de ce mode d'entraînement, il bénéficiait d'une qualité d'enregistrement supérieure à celle des appareils à main.
Bois gravé coloré de Balcomb J.T. initialement paru dans The Illustrated London News du 3 Août 1878.

 
 


Schémas joints au brevet n° 230.177 du 18 mai 1893, intitulé Perfectionnements aux phonographes et particulièrement à la fabrication de leurs cylindres. Dans ce brevet capital et dans ses additifs, Henri Lioret donne les principes du moulage des cylindres en celluloïd.
 

 
 


Paradoxalement, les cylindres Lioret en celluloïd étaient enregistrés à l'unité : l'inventeur ne les moulait pas selon le procédé faisant l'objet de son brevet du 18 mai 1893. 
Le cylindre vierge devait être ramolli superficiellement pour être gravé par la pointe du saphir enregistreur mise en mouvement par les vibrations de la plaque vibrante. A cet effet, le tube vierge en celluloïd était immergé dans de l'alcool camphré. Après l'enregistrement, la matière reprenait sa dureté initiale grâce à l'évaporation du liquide.
 


Conséquence de l'enregistrement à l'unité des cylindres Lioret en celluloïd, les artistes devaient se produire autant de fois que nécessaire devant l'enregistreur, durant d'interminables séances. A l'image du ténor Emmanuel Lafarge, ils étaient rémunérés selon le nombre et la durée des cylindres gravés durant une session, comme en témoigne le carnet d'atelier de Lioret établi en 1898-1899.



La salle d'enregistrement de la maison Hercules Hermanos à Valence (Espagne) présentée dans son catalogue de 1899. Les deux phonographes enregistreurs, actionnés par un moteur électrique sont disposés derrière le piano, l'artiste prenant place entre le piano et les appareils. Les deux pavillons,  suspendus au plafond par des cordelettes, reposent sur des enregistreurs Bettini. A droite, le banc en bois  supporte le dispositif de duplication des cylindres grâce à un pantographe.
Seuls les rouages d'entrainement des axes sont montrés. Comme c'est habituellement le cas avec ce type de vue, le pantographe n'est pas visible, chaque maison protégeant jalousement sa solution vis à vis des concurrents.
 

 


Une séance d'enregistrement dans le Gabinete Fonográfico Puerto y Novella à Valence (Espagne) en 1900.  On distingue quelques éléments du procédé d'enregistrement direct sur cylindre, en particulier le grand pavillon coiffant le piano, les cornets de forme diverses, l'artiste et instruments placés sur une estrade en bois ou la triple prise conduisant à l'Edison Spring Motor enregistreur (Boletín Fonográfico du 20 juin 1900).
 



Séance d'enregistrement au Musée de la Parole dans les locaux de la Sorbonne. On voit ici le directeur, M. Pernot, face à un ukrainien chantant devant le cornet de l'appareil enregistreur. Don d'Emile Pathé en 1911, l'appareil à poids utilise des cylindres vierges de type Stentor ou Céleste. Sa tête d'enregistrement spéciale à deux saphirs a été conçue par Henri Lioret.
La tour en bois dite ''Puits à pétrole'', située à l'arrière, contient un poids dont la chute entraine la rotation du mandrin grâce à un câble d'acier et un jeu de poulies.
 

 


L'atelier de moulage des cylindres vierges dans l'usine Edison d'Orange, New-Jersey (Les Inventions nouvelles, 1902).
Les possesseurs d'un phonographe pouvaient enregistrer les membres de la famille dans leur salon sur des cylindres vierges en cire (''Blank'' aux Etats-Unis), Ces cylindres présentaient l'avantage d'être réutilisables après avoir été rabotés.
 

 
 


L'essai des phonogrammes par les employés d'Edison (Orange, New-Jersey). Chez Pathé, cette opération était confiée à des femmes, les ''écouteuses", identifiées par un numéro de contrôle figurant sous les boites de cylindres (Les Inventions nouvelles, 1902).
 

 
 


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A voir aussi
 
Il ne subsiste à ce jour que des informations fragmentaires sur le procédé d'enregistrement direct sur celluloïd utilisé par Henri Lioret. Deux écrits sont à retenir, ils nous éclairent sommairement sur ce sujet :
 
 
  • Lors de la séance du 5 mars 1897 de la Société française de physique, le physicien Louis Cailletet, présentant le phonographe de l'inventeur rapporte : ''M. Lioret a pensé que les défauts du phonographe tiennent à ce qu'il est impossible d'obtenir une pression notable du style sur le cylindre sans détruire l'inscription; il s'est adressé à une substance très dure, le celluloïd, qu'on ramollit, pendant la réception, au moyen d'alcool qui s'évapore ensuite"

  • Dans une lettre à Monsieur Hotchkiss datée du 15 juin 1903, Henri Lioret rappelle : ''... je revendique explicitement cette application alors inédite du celluloïd. J’ai utilisé cette substance pour les enregistrements sonores en profondeur aussi bien sur cylindre que sur disque bien que j’aie également fabriqué de ces derniers par estampage sur disque de carton spécial préalablement enduits d’une mince couche cellulosique. Ainsi que je vous l’ai expliqué, la méthode à laquelle j’avais habituellement recours pour l’apprêt des supports vierges, de manière à faciliter l’action du burin graveur sur l'enregistreur consistait à immerger préalablement les supports vierges dans de l’alcool camphré."
    Cette lettre a été publiée par le collectionneur Paul Caron dans la suite d'articles En remontant mon vieux phono.. ( article n° XXVII) parus dans la revue Diapason n° 116 d'avril 1967.