Phonorama, le site dédié aux phonographes à cylindres

Phonorama, le site dédié aux phonographes à cylindres
Phonographes à feuille d'étain [Page 2/3]


 

Reproducteur pour phonographe à feuille d'étain construit par Rudolph Kœnig vers 1880.

      
 
 

Le reproducteur de Rudolph Kœnig porte sa marque ainsi qu'un numéro de série. Sa forme diffère très peu des reproducteurs construits ultérieurement par les grandes marques de phonographes à cylindres ou à disques.

      
 
 

En 1879, Urbain Marie Fondain a été l'un des premiers constructeurs français de ce type de phonographe d'une grande sobriété.

      
 
 

Relevée, la tête du Fondain laisse apparaître son diaphragme et son style en acier, ainsi que le bâti évidé, propre à ce premier modèle.

     
 

Autre modèle de tinfoil, plus tardif, représentatif de la production d'Urbain Marie Fondain. Il est construit en fonte, seuls le mandrin, le reproducteur et le cornet sont en laiton nickelé. La base noire, ornée de filets dorés mesure 24,3 cm.
En 1879, ce phonographe était vendu 100 Francs. Le constructeur a commercialisé d'autres modèles à manivelle (pour écolier, jouet), ou entrainés par un mouvement à ressort ou à poids.


Ce petit phonographe a feuille d’étain bon marché (25 Francs en 1879), à destination de la jeunesse, est vraisemblablement celui que Fondain nommait phonographe d’écolier. Il s’agit d’une réduction au 7/10 ème du précédent, la densité des sillons du mandrin (20 par pouce) est toutefois identique sur les deux modèles.
Il se caractérise par sa construction partielle en aluminium (supports de l’axe, reproducteur et cornet). Des traces de vernis rouge sombre sur ces deux derniers éléments et sur les flasques du mandrin laissent supposer que la couleur visait à le rendre plus attractif pour les enfants.


Après la faillite d'Urbain Marie Fondain en 1881, c'est Eugène Ducretet, le constructeur d'appareils scientifiques de renom, qui a repris la fabrication des phonographes de son confrère.
Ce tinfoil Ducretet s'apparente naturellement à celui de Fondain. Les deux appareils se différencient par quelques détails de construction. On reconnait d'emblée le premier grâce aux trois vis moletées en laiton serrant le diaphragme sur le reproducteur, alors qu'il s'agit de vis ordinaires sur le second. Par ailleurs, on observe que les montants supportant l'axe sont droits sur les Ducretet, contrairement à ceux des Fondain qui sont  légèrement courbés.


La marque E. Ducretet et Cie à Paris figure en creux sur la partie supérieure du cornet, le nom du constructeur apparait aussi en relief sous la base.
Dans ses publicités Eugène Ducretet mentionne sa médaille d'or obtenue lors de l'exposition universelle de 1878 à Paris.  La notoriété  de son atelier de construction d’instruments de précision pour les sciences et l’industrie dépassera largement les frontières françaises, il obtiendra d'autres médailles d'or à l'étranger.
 


Ce second phonographe Ducretet ne diffère du précédent que par son volant régulateur. Il porte de même des marques identiques sur le cornet  et sous la base.
Sa couleur bronze caractéristique provient de la peinture à base d'oxyde de plomb utilisée durant cette période pour la protection des appareils scientifiques contre la corrosion des métaux.
L'atelier Ducretet a construit plusieurs séries de phonographes à feuille d'étain jusqu'en 1890, notamment pour les cabinets de physique ou les Ecoles supérieures. Ses appareils portaient alors la marque Ducretet-Lejeune.

 



Pages 1 | 2 | 3
 


A voir aussi
  • Le premier phonographe construit par Eugène Ducretet, sorti de son atelier en 1879, n’était pas un appareil à cylindre semblable au tinfoil d’Edison présenté dans les salles parisiennes depuis quelques mois. Il s’agissait d’une commande d’un certain M. Saint-Loup qui souhaitait un nouveau modèle à feuille d’étain ou de cuivre disposée à plat, la pointe tranchante du reproducteur venant suivre une rainure hélicoïdale déjà inscrite dans le métal. La vitesse linéaire relative de la pointe sur le plateau devait bien entendu rester constante.
    Eugène Ducretet réalisa le phonographe de M. Saint-Loup mis en vente au prix de 300 francs; il n’en subsiste à ce jour aucune trace.
  • L’idée de l’enregistrement à plat n’était pas nouvelle, Charles Cros avait envisagé cette solution dans son brevet du 18 avril 1878. En Janvier 1878, Thomas Edison avait construit, sans grand succès, un phonographe enregistrant le long d'une spirale plane tracée sur une feuille de cuivre rouge, autrement dit un phonographe à disques.

    Le dernier modèle du phonographe  et le disque sur lequel peuvent être enregistrés 50 000 mots.

    (La Nature du 25 mai 1878)

    Une courte description du nouveau phonographe figure dans cet article paru en janvier 1978.