Phonorama, le site dédié aux phonographes à cylindres

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Phonographes à feuille d’étain [Page 3/3]


En 1879, le professeur D. Vital donne des conférences suivies de démonstrations durant lesquelles il fait la promotion de ce phonographe-jouet en bois pourvu d'un mandrin en plâtre de couleur sang de bœuf. Sur la base figure la mention Breveté S.G.D.G. indiquant qu'il a fait l'objet d'un dépôt de brevet.
La construction de ce petit phonographe avec des matériaux bon marché lui permet de le proposer au prix de 10 Francs et de concurrencer ainsi les modèle en métal coûtant dix fois plus cher.
Dans un livret intitulé Guide du phonographiste qu'il publie la même année, le professeur propose aussi deux autres phonographes à feuille d'étain, dont un géant, en cours de construction, doté d'un mandrin de 65 cm de diamètre et de 50 cm de longueur.


Au premier abord, l'apparence de ce phonographe à feuille d'étain laisse supposer une parenté avec les constructions d'Urbain Marie Fondain. Toutefois, la comparaison des éléments caractéristiques des deux fabrications révèle des différences trop importantes pour retenir cette hypothèse.
Son originalité tient principalement à son volant régulateur, à sa riche décoration, à ses montants en forme de cœur supportant le mandrin et à son contrepoids en plomb fixé sur le sommet du cornet.

      

Le contrepoids, inhabituel sur un tinfoil, permet d'obtenir une meilleure empreinte sur la feuille d'étain en accentuant la pression de la pointe. Cette pièce est aussi présente sur d'autres appareils d'acoustique expérimentale, tel l'Automatic phonograph d'Auguste Stroh, utilisant les techniques du phonographe pour imiter les voyelles de la parole humaine.

      
 

Phonographe à feuille d'étain, vraisemblablement d'origine française. D'autres phonographes semblables sont décorés de filets caractéristiques rouges, ou plus rarement jaunes, comme sur cet exemplaire.

      
 

D'origine italienne, ce tinfoil  se caractérise par son long mandrin de 18 cm et sa base découpée dont le décor se retrouve sur les rayons du volant.
Il s'agit vraisemblablement d'une construction tardive, destinée à un cabinet de physique ou une école, réalisée par l'Officine Galileo à Firenze (Florence), dans la dernière décade du 19ème siècle. Ses ateliers, initialement installés dans les bâtiments de l'Istituto Tecnico Toscano, construisaient depuis 1864 des instruments pour l'enseignement et les laboratoires, avant d'orienter sa production vers le domaine militaire en 1896.
Le cabinet de physique du Museo Galileo de Florence (Istituto e Museo di Storia della Scienza) possède un phonographe similaire, de plus grandes dimensions (Voir ci-contre).



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A voir aussi
  • Le livret de D. Vital : Le phonographe - Machine enregistrant et reproduisant la parole -  Guide du phonographiste publié en 1879.
  • Si le professeur est bien le constructeur du phonographe proposé lors de ses conférences, il n'en est toutefois pas l'inventeur. Son invention revient au fabriquant de jouets Mathieu-Alphonse Coyen qui a déposé le brevet correspondant n° 132.518 du 29 août 1879,  intitulé ''genre de phonographe-jouet''.
  • Les gravures représentant le phonographe-jouet  décrit par D. Vital dans son livret.
 
 
  • En Espagne, en 1894, le basque Don Pascual de Isasi Isasmendi,  conçoit un phonographe à feuille d'étain, qu'il nomme El pigmeo (Le pigméee), il dépose le brevet de ce jouet en 1894 et fait connaître son invention dans des publicités parues dans la revue Blanco y Negro
 
 
  • Peut-on imaginer un quelconque rapport entre Vincent Van Gogh et le tinfoil de Thomas Edison ?