Phonorama, le site dédié au phonographe et à ses inventeurs.

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François, l'automate parlant de Lioret




Voici quelques éléments relatifs à l'automate parlant de Lioret, le valet de pied François. Ils permettent de supposer qu'il était construit sur la base d'un phonographe modèle n° 3 (mouvement à contrepoids, trépied en bois noir) sur lequel reposait le personnage, paré de sa livrée.
 

 
 
En 1897, le modèle n° 3 à poids était le plus perfectionné des phonographes de la gamme Lioret. Il présentait l'avantage de jouer un cylindre de deux minutes grâce au mouvement à régulier et silencieux, particulièrement adapté à l'animation d'un grand automate (prospectus Lioret de 1897)
 
 
  • Henri Lioret un hologer pionnier du phonographe (Julien Anton, CIRES, 2006) :
Dans l'usine parisienne Lioret du 18, rue Thibaud dans le 14° arrondissement ... La première salle d’audition est réservée aux équipements pour l’enregistrement, la seconde au contrôle des appareils avant expédition ; les visiteurs peuvent y vérifier l’intensité des phonographes. L’accueil des artistes et des clients est assuré par François, l’automate grandeur nature construit par le propriétaire des lieux. En 1948, Madame Yvonne Diehl, filleule de l’inventeur se souvient encore de cet impressionnant personnage (*) : «Au studio d’auditions Henri Lioret, 18, rue Thibaud à Paris, le premier personnage qu’on rencontre à l’entrée, raide et correct, c'est le valet de pied François, admirablement stylé, qui accueille les visiteurs avec l’aisance de l’homme du monde, les salue, puis leur montre le chemin vers les salles d’enregistrement.» Nous pouvons imaginer François, vêtu d’une superbe livrée et doté de la voix grâce à un phonographe dissimulé dans son corps ; son maître bénéficiait certainement de la compétence requise pour réaliser cette délicate transplantation.
 
(*) Henri Lioret, morétain pionnier de l’enregistrement sonore, La Marseillaise de Seine et Marne, septembre 1948. Cet article reprend en partie les souvenirs de Madame Yvonne Diehl recueillis à l’occasion du centenaire de la naissance de son parrain.
 
  • Le Gaulois du 29 Janvier 1897 :
Nous avons reçu hier la visite de M. Félix Duquet, le chimiste connu, qui nous a présenté sa nouvelle invention ; le chanteur automate, un merveilleux appareil d’une extrême simplicité et d’un très petit volume. C’est une sorte de phonographe tout à fait perfectionné. Grâce à un simple mouvement produit par un contrepoids, le chanteur automate fait entendre des couplets, des airs militaires, des conversations avec une parfaite limpidité. La voix humaine vient distincte et pure et le son des instruments de musiques militaires se détachent nettement. L’appareil inventé par M. Duquet et construit par M.Lioret, est portatif. On le place sur un trépied en bois noir, et sa mise en marche peut-être confiée à un enfant. Le chanteur automate est appelé à un grand succès, et nous remercions vivement son inventeur d’en avoir offert la primeur au Gaulois.
 
  • Le Gaulois du 30 janvier 1897 :
Une erreur typographique a dénaturé hier, le nom du propriétaire exclusif du chanteur automate dont le Gaulois a eu la primeur. C’est M. Françis Duguet qu’il faut lire. Ajoutons que l’appareil a été entièrement établi par M.Lioret, l’inventeur constructeur bien connu.

 



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