Phonorama, le site dédié au phonographe et à ses inventeurs.

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Henri Lioret et le Chocolat Menier [Page 1/2]


Henri Lioret et le Chocolat Menier


 
Du nom de son architecte, le moulin Saulnier à Noisiel (Seine et Marne), fût construit de 1871 à 1872 pour accueillir la première chocolaterie Menier. Par son architecture et ses décors novateurs, le moulin est l'un des fleurons du patrimoine industriel français.
 

La réclame par le phonographe

Henri Lioret comprend très tôt les avantages qu’il peut tirer de ses inventions. Il imagine dès 1894 l’utilisation du phonographe à des fins publicitaires grâce aux possibilités offertes par son premier modèle, le Merveilleux.
Par la suite, dans son brevet n° 251.516 du 7 novembre 1895 (Perfectionnements aux appareils  phonographiques), il pose les principes de la réclame parlée rendue possible grâce à son grand phonographe automatique, particulièrement appropriée à la diffusion de messages en boucle : « J’ai combiné en outre, en vue de ce dernier usage, des dispositions permettant de produire automatiquement, à intervalles réguliers, l’audition soit d’une phrase unique qui se répète, soit de plusieurs phrases différentes qui se succèdent, ces phrases pouvant d’ailleurs être composées de sons quelconques. »  

Henri Lioret décrit un appareil à déclenchement intermittent, actionné par un mouvement à poids et doté de plusieurs cylindres jouant alternativement pour délivrer des messages publicitaires. Le modèle n° 4 concrétise ses réflexions sur ce sujet; proposé dans son premier catalogue en 1895, il sera nommé l’année suivante Grand phonographe automatique réclame. L’inventeur confirme cette voie en 1896 ; il s’adresse alors aux industriels dans La Vie scientifique pour leur proposer l’adaptation du mécanisme de son jouet Le Merveilleux dans divers objets, tableaux, mécaniques, bouteilles, oranges, savons, kiosques, jouets, etc., « répétant toutes les réclames, dont le texte lui est fourni. »

 
   
La réclame parlée par le phonographe
(La Vie scientifique du 5 septembre 1896)

C'est ainsi que les plus grandes maisons comme les magasins Dufayel, le pneu Michelin ou, plus exotique, le Savon du Congo, ont aussi recours à la publicité enregistrée sur des cylindres Lioret en vue d’assurer la promotion de leurs produits. Le constructeur donne lui-même l’exemple en utilisant ses propres cylindres lorsqu’il s’agit de louer les qualités du Merveilleux ou en proposant plus tard un cylindre intitulé La marche du Lioretgraph ; de même, les établissements Jumeau ne manquent pas d’évoquer leur Bébé phonographe dans un monologue enregistré en français sur le cylindre n° 7, en espagnol (n° 109), et en anglais (n° 209).

Un projet novateur

La mention d’une réclame pour le chocolat Menier par le phonographe apparaît dans un article de La Vie scientifique du 14 décembre 1895 consacré au Merveilleux : « … il se convertira en réclame et ne cessera de vanter le Chocolat Menier ou de chanter le Savon du Congo ! » Le même article signale un kiosque muni d’un mécanisme de Merveilleux. L’idée d’un kiosque doté de la voix pour célébrer le fameux chocolat remonte donc à fin 1895. Henri Lioret a équipé de son petit phonographe,  un modèle   réduit   du   kiosque  à   journaux   qui

agrémente les rues de Paris en cette fin de siècle, ce sera le premier support pour la réclame parlée.
A l’affût de toute nouveauté dans le domaine de la publicité, Gaston Menier, puissant industriel du chocolat, est séduit par cette invention. L’industriel fait construire le kiosque, Henri Lioret fournit le phonographe et le cylindre  qui vante bien sûr le célèbre chocolat fabriqué à Noisiel.



Le Lioretgraph kiosque
dans le catalogue Lioret de 1899

Notons qu’à la même période, en fin d'année 1898, Georges Méliès effectue des projections de ses premiers films publicitaires sur le balcon du théâtre Robert Houdin, l’un d’eux a été réalisé pour le chocolat Menier.
Le catalogue Lioret de 1899 évoque pour la première fois le Lioretgraph kiosque. Gaston Menier a demandé l’exclusivité du kiosque ; aussi Henri Lioret prend-il soin de noter dans son catalogue que ce modèle est la propriété de la maison du Chocolat Menier. Avec cet objet, une marque de grande réputation offre à l'inventeur une référence remarquable pour conforter sa notoriété ; il ne peut toutefois le vendre. Pour rappeler qu’il en est néanmoins le concepteur, la gravure représente un kiosque sur lequel on distingue un phonographe et son nom, qui ne figurent pas en réalité sur l’appareil.
 

Avec la colonne Moriss et la fontaine Wallace, le kiosque à journaux, couvert de plaques publicitaires émaillées, dont l'incontournable Chocolat Menier, constitue l'un des éléments typiques du mobilier urbain à la fin du 19° siècle (Vue sur verre, vers 1895). 

 

 

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