Phonorama, le site dédié au phonographe et à ses inventeurs.

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La vulgarisation du phonographe [Page 1/2]



Dès 1878, après l'apparition des premiers phonographes, plusieurs inventeurs ont imaginé des appareils moins coûteux que le tinfoil. Le Scientific American du 24 juillet 1878 publie les plans d'un phonographe simplifié, constitué par un diaphragme glissant sur une feuille d'étain fixée sur une règle. Le phonographe à portée de tous !

 

Le Class M a été utilisé dans les années 1890 lors des démonstrations payantes du nouveau phonographe. Cette carte d'une société canadienne de l'Ontario permettait d'annoncer ces séances dans les régions où le démonstrateur passait de ville en ville.

 

Les expositions universelles ont concouru à faire connaître l'invention au public avec les auditions et les gravures diffusées dans la presse. Cette gravure de G. Belon publiée dans Le Monde Illustré du 14 septembre 1889 montre les auditions du phonographe au Champ de Mars durant l'Exposition Universelle de Paris en 1889.

 

En France, en fin d'année 1894, les publicités de I'Industriel forain indiquent que le phonographe électrique Edison coûtait 1000 Francs. Autant dire qu'il était réservé aux professionnels qui l'exploitaient sur les champs de foire, dans les halls de grands hôtels ou dans les casinos. En 1895, des inventeurs ont conçu des phonographes moins coûteux que le Class M. C'est ainsi que l'ingénieur Michel Werner a proposé ce phonographe simplifié, destiné au public. L'utilisation d'un système d'entraînement manuel, permettait de le proposer au prix de 400 Francs (Les Inventions nouvelles du 5 juin 1895).

 

Après 1890, les attractions foraines et les salles d'audition permettaient au public d'écouter les airs en vogue pour quelques centimes. Un Edison Class M était le plus souvent utilisé, en raison de son moteur électrique qui en facilitait l'exploitation. Cette annonce propose à la vente 6 de ces phonographes en 1902. On peut supposer qu'il s'agit des Edison Class M qui équipaient une grande salle d'audition parisienne ou une attraction de l'Exposition de 1900 (Revue Ombres et lumière, février 1902).

 

Les inventeurs, pour la plupart amateurs, ont contribué à améliorer le phonographe grâce à leur ingéniosité. Durant la période 1895-1905, des centaines de brevets ont été déposés; certains ont été repris par les grands constructeurs. En illustration, ce brevet du 4 février 1902 concernant un système de remontage du moteur grâce à un tambour et deux cordons.

 

En Grande-Bretagne, l'Edison-Bell Consolidated Phonograph Company a joué un rôle essentiel dans la promotion des phonographes Edison de 1892 à 1903. L'en-tête de cette lettre datée du 4 octobre 1900 rappelle que la société détient l'exclusivité des brevets britanniques relatifs aux inventions de Thomas Edison, Alexander Graham Bell, Chichester Bell ou Charles Sumner Tainter.

 

Parmi les acteurs qui ont animé le marché du phonographe en France autour de 1900, Edmond Mathieu directeur de la maison des Inventions Nouvelles, Place du Palais-Royal à Paris, fut l'un des plus actifs. Il proposait des jouets phonographe comme ce puck très original dans sa revue Inventions Nouvelles et Pratiques (janvier 1903).

 


Dès la fin du 19° siècle, de nombreuses sociétés ont été crées en vue de bénéficier de la vogue naissante du phonographe. La Société Française de Phonographes La Fauvette est l'une des plus originales, elle a construit La Sirène, un phonographe géant bénéficiant de cylindres prévus pour une durée d'audition de 6 à 12 minutes. Cette action de la société émise en 1902 est illustrée par ce grand phonographe.
 


 


Les éditeurs de cylindres ont occupé une large place dans le domaine du phonographe avant la généralisation du procédé de moulage. Seuls quelques-uns ont pu tirer leur épingle du jeu, comme le constructeur d'instruments de musique et de phonographes Jérome Thibouville-Lamy, qui enregistrait ses cylindres selon le procédé de l'inventeur Charles Cahit (extrait du catalogue Thibouville-Lamy de 1902).
 

 
 

Chromo publicitaire, d'une série de six, de la manufacture d'instruments de musique  Jérôme Thibouville-Lamy (JLT). Réputée pour sa fabrication d'instruments à cordes, elle a fabriqué et commercialisé en 1900 des phonographes et des cylindres de marque Virtuose, puis des cylindres Le Cahit après 1902.

 

L'apparition des premiers duplicateurs de cylindres sur le marché en 1898, a entraîné la création de sociétés indépendantes d'édition de cylindres phonographiques, à l'image de la Société Française des Cylindres Artistiques pour phonographes et graphophones (action émisse en 1898).



Des commerces de phonographes se sont installés dans les grandes villes européennes avant 1900. En Italie, et plus particulièrement à Milan, la proximité d'une vie artistique intense a favorisé le développement de cette activité. La maison Lepage fût l'une des plus importante du pays (carte commerciale de 1901).

 

Si les inventeurs de phonographes furent nombreux début du XX ème siècle, les constructeurs se comptaient alors sur les doigts d'une main. Outre la Manufacture Française d'Appareils de Précision à Paris, les usines Lamazière à Blesdal (Seine-Maritime), les établissements Japy à Beaucourt (Territoire de Belfort), les usines L'Epée à Ste Suzanne (Doubs), furent les principaux fournisseurs des grandes marques de phonographes.




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   A voir aussi :
 
Les phonographes dans les catalogues d'appareils scientifiques européens entre 1892 et 1904 :
 
  Le tinfoil d'Edison construit par Edme Hardy dans le catalogue de l'électricien Ch. Magne (vers 1882).  
  les phonographes à feuille d'étain de Ducretet :  
  Les deux versions du phonographe Edison proposés en 1897 dans le catalogue de la Société des Lunetiers  
  Phonographe pour cylindres de cire, à entrainement manuel, modèle intermédiaire entre le tinfoil et les premiers phonographes américains à moteur (Catalogue d'appareils de physique du constructeur autrichien Franz Steflitschek, Vienne, 1892).  
  Des appareils primitifs : l'Excelsior crée par Ludwig Loewe & Co en 1892 à Berlin, un tinfoil Ducretet et le Gramophone à entrainement manuel, commercialisé par Emile Berliner en 1890 (Catalogue de Ferdinand Ernecke (Berlin, 1897).  
  L'Edison électrique Classe M, dans le catalogue des machines et moteurs Cadiot en 1898.  
  Divers phonographes (Catalogue Luigi Corla, Milan, 1900).  
  Tinfoil et Graphophones (Catalogue Ferdinand Ernecke, Berlin, 1902)  
  Les Graphophones et le Gramophone (Catalogue Max Kohl, Chemnitz, 1904).  
 
 




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